Enquête – Comment les pouvoirs publics accélèrent sur l’électrique

C’est maintenant une certitude : les pouvoirs publics vont soutenir fortement les modèles électrifiés dans le cadre du grand plan de relance qui sera présenté à la fin du mois par Emmanuel Macron. Le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire l’a clairement annoncé lundi 18 mai au micro de France Info, esquissant les contours d’un processus destiné à « relancer la consommation, soutenir la transformation vers un modèle plus durable, avec le soutien en particulier aux véhicules qui émettent le moins de CO2, aux véhicules électriques. »

But de la manœuvre : « faire de cette crise un levier pour accélérer la transition écologique et encourager les Français à acheter les véhicules qui sont encore aujourd’hui trop chers pour eux. »

Dans Le Figaro, le même revient à la charge en affirmant qu’il sera demandé aux constructeurs « de prendre des engagements dans trois directions : le véhicule électrique, le respect de leurs sous-traitants et la localisation en France de leurs activités technologiquement les plus avancées ». Et de préciser que toutes les aides apportées aux entreprises (et notamment un prêt de 5 milliards à Renault) doivent être orientées dans ces deux directions : « la décarbonation de l’économie française et l’amélioration de sa compétitivité ».

Les jalons du grand « verdissement » du parc automobile français seront donc posés à cette occasion, ce qui aura pour bienfait collatéral de soutenir des constructeurs tricolores bien malmenés depuis le début de l’année.

+76% en Europe

Les groupes PSA et Renault ont en effet respectivement vu leurs parts de marché chuter de 47 et de 44% entre janvier et avril à l’échelon européen, dans un marché en baisse de 38,5%. Or, il se trouve que dans le même temps, la voiture électrique, notamment tricolore, a le vent en poupe. Au quatrième trimestre 2019, les modèles électriques avaient vu leurs ventes augmenter de 76,5% en Europe (et même de 86,5% pour les hybrides rechargeables), alors que les modèles à essence n’accéléraient que de 11,9% et les diesels de 3,7%.

Les vents tournent, au bénéfice notable de la Renault Zoé et la Peugeot e-208, qui occupent actuellement les deux premières places des ventes d’électriques en Europe, devant la Volkswagen e-Golf.

Citroën dit observer un bon démarrage de son Ami, une voiturette électrique low-cost (6 000 € bonus compris, ou 19,99€ par mois en location après apport) qui a trouvé 200 clients lors de sa première semaine de commercialisation.
Citroën dit observer un bon démarrage de son Ami, une voiturette électrique low-cost (6 000 € bonus compris, ou 19,99€ par mois en location après apport) qui a trouvé 200 clients lors de sa première semaine de commercialisation.


Enfin, de nombreux modèles à hybridation simple ou rechargeable apparaissent dans les gammes des groupes tricolores, de la Clio E-Tech à la Mégane E-Tech hybride rechargeable en passant par les Peugeot 3008 et Opel Grandland X (Hybride ou Hybrid4 à transmission intégrale), Citroën C5 Aircross Hybrid et autres DS7 Crossback E-Tense.

Enfin, n’oublions pas la Dacia Spring (100% électrique) qui s’annonce comme un très probable succès dans les mois à venir.

Les planètes semblent donc s’aligner en matière d’offre, tandis que les réseaux de bornes électriques s’étoffent progressivement (malgré le couac annoncé du réseau Corri-door, qui permettait des recharges rapides sur autoroute, et dont 189 bornes sur 217 ont été mises hors service en février dernier).

On dénombre aujourd’hui près de 30 000 bornes dans l’Hexagone (29 600 exactement, +15% en un an), dont  10 % permettent de recharger au delà du débit de 22 kW assurant une charge rapide. C’est encore trop peu, mais les choses avancent.

Dépasser les bornes

Quitte, parfois, à ce que les pouvoirs publics s’emballent un peu. Cette semaine, le secrétaire d’Etat aux transports Jean-Baptiste Djebbari a annoncé l’objectif de 100 000 bornes électriques installées en 2021, et notamment sur le réseau autoroutier afin de favoriser l’itinérance. Les choses prendront probablement un peu plus de temps en réalité, mais au moins le gouvernement fait-il preuve d’un louable volontarisme.

Selon une étude européenne menée par Ipsos pour LeasePlan, 51 % des personnes ayant l’intention d’acheter une voiture dans les cinq années à venir ont cité le manque d’infrastructures de recharge comme un obstacle qui les empêche d’opter pour un véhicule électrique. Il y a donc urgence à rassurer les acheteurs potentiels.
Selon une étude européenne menée par Ipsos pour LeasePlan, 51 % des personnes ayant l’intention d’acheter une voiture dans les cinq années à venir ont cité le manque d’infrastructures de recharge comme un obstacle qui les empêche d’opter pour un véhicule électrique. Il y a donc urgence à rassurer les acheteurs potentiels.


« Avec 50 000 nouvelles immatriculations enregistrées au cours des 12 derniers mois, la France vient de passer la barre des 250 000 véhicules électriques dont 200 000 100% électriques ! Si les chiffres sont bons, il est impératif d’accélérer la dynamique pour atteindre l’objectif du million de véhicules électriques en 2022 » souligne Cécile Goubet, Déléguée générale de l’Avere-France. « Nous ne pourrons y arriver qu’en simplifiant la recharge en copropriété. […] De nouveaux modèles arrivent tous les mois sur le marché, les collectivités territoriales mettent en place des facilités de circulation pour les véhicules les plus propres : le dernier frein doit rapidement être levé ! »

Au chapitre des freins au développement, rappelons qu’il faudrait aussi (rêvons un peu !) que toutes les bornes soient accessibles via un paiement par carte bleue, afin que le plein d’électrons soit aussi simple que celui de sans-plomb.

En Ile-de-France, région où une électrification massive apparaît inéluctable, la métropole du Grand Paris a annoncé la mise en service d’ici 2022 de plus de 3 000 points de charge, dont près de 2 600 sur les anciens emplacements d’Autolib’, qui se verront répartis sur 130 communes.

Là encore, les choses se mettent progressivement en place. Cela permettra de réduire encore les émissions de CO2, qui devraient baisser, selon une étude publiée dans Nature Climate Change, de 4 à 7% cette année à l’échelle mondiale grâce à la crise sanitaire.

Cette spectaculaire amélioration, la plus forte enregistrée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, ne devrait hélas pas être durable, car résultant d’une conjoncture particulière et non de modifications structurelles profonde, mais il n’est pas interdit d’espérer qu’une électrification du parc automobile mondial poursuive cette dynamique.

Le grand plan pourrait bénéficier à l’industrie tricolore (ici la nouvelle gamme électrifiée Renault). A l’heure où sont évoquées des fermetures d’usine chez Renault, l’argument pèse son poids. « Le défi, c’est celui du maintien, aujourd’hui, d’un tissu industriel en France, et de la capacité de notre pays, demain, d’être l’un des leaders sur le véhicule du futur », avertit Luc Chatel, président de la Plateforme automobile.
Le grand plan pourrait bénéficier à l’industrie tricolore (ici la nouvelle gamme électrifiée Renault). A l’heure où sont évoquées des fermetures d’usine chez Renault, l’argument pèse son poids. « Le défi, c’est celui du maintien, aujourd’hui, d’un tissu industriel en France, et de la capacité de notre pays, demain, d’être l’un des leaders sur le véhicule du futur », avertit Luc Chatel, président de la Plateforme automobile.


Une chance pour la France

Bref, localiser en France les investissements concernant la voiture de demain apparaît comme une solution de bon sens. Les pouvoirs publics en font d’ailleurs l’une des conditions de leur soutien. Un soutien qui pourrait prendre de multiples formes.

On parle ainsi, sans que rien ne soit encore confirmé, du retour d’un bonus pouvant atteindre 6 000 € pour les entreprises, avec la perspective de retrouver rapidement lesdits véhicules sur le marché de l’occasion.Statu quo pour les particuliers, en revanche, avec un bonus de 6 000 € pour les véhicules à moins de 45 000 € et 3 000 € au-delà de cette somme.

Parmi les probabilités figure aussi la mise en place d’un bonus pour les hybrides rechargeables (à la demande de PSA et Renault qui disposent enfin de modèles de ce type à leur catalogue, comme évoqué plus haut), ou bien encore d’une TVA abaissée pour les modèles plus propres.

Par contre, Bruno Le Maire écarte l’idée, portée par le Conseil National des professions de l’Automobile (CNPA), d’élargir les critères de la prime à la conversion aux véhicules thermiques récents: « Il y a une prime à la conversion qui a dans son champ les véhicules thermiques les moins polluants, les véhicules essence Crit’Air 1 et les véhicules diesel Crit’Air 2 récents. Je ne vois aucune raison de changer les paramètres », a-t-il déclaré au micro d’Europe 1 le 22 mai.

Tous ces éléments réunis, auxquels pourraient s’ajouter d’autres surprises annoncées par Emmanuel Macron la semaine prochaine, devraient permettre l’essor définitif du véhicule « propre ». Il aura juste fallu une crise sanitaire d’ampleur mondiale pour en arriver là.

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