Essai – Audi Q5 55 TFSI e quattro (2020) : oubliez les autres moteurs

En bref

À partir de 67 080 €

SUV hybride rechargeable

367 ch et 500 Nm

Entre 63 et 61 g/km de CO2

Allons directement au cœur du sujet sans tourner autour du pot (d’échappement, bien sûr) : on peut discuter pendant des heures des vertus écologiques ou non d’un SUV hybride rechargeable mais c’est aujourd’hui le choix économique qui s’impose de la façon la plus logique qui soit. Jugez plutôt : un Audi Q5 45 TFSI quattro fonctionnant uniquement au Sans-Plomb s’échange aujourd’hui contre 61 520 € en finition S Line et se voit infliger un malus minimum de 8 254 €, venant punir des émissions allant de 192 à 212 g/km, soit un total à régler de 69 774 €. Parallèlement, vous avez la version 55 TFSI e quattro qui reprend exactement la même partie thermique que le 45 TFSI, soit un 2.0 turbo de 245 ch et 370 Nm associé à une boîte double embrayage S tronic 7 et une transmission intégrale similaires, en lui ajoutant toutefois un moteur électrique de 143 ch et 350 Nm et une batterie lithium ion de 14,1 kWh. Les 367 ch et 500 Nm obtenus alors permettent d’expédier le 0 à 100 km/h en 5,3 s soit en 1,1 s de moins que le 45 TFSI. Montant de la facture, toujours en finition S line et sans pouvoir bénéficier du bonus de 2 000 € pour cause de tarif restant trop élevé et d’autonomie électrique WLTP insuffisante ? 67 080 €.

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Financièrement,
seul l’hybride fait sens

Et le constat est encore plus sans appel si on l’oppose à ses équivalents diesels dans la gamme Q5. Ainsi, le 50 TDI équipé d’un V6 3.0 de 286 ch est déjà facturé 68 260 € par Audi mais écope de plus du malus maximum de 20 000 €, ce qui porte son prix à 88 260 € ! Le 45 TDI de 231 ch ? 82 385 € malus compris !

Esthétiquement, rien de trahit l’hybridation

La partie économique ayant maintenant été abordée, parlons maintenant du véhicule lui-même. Si l’on ignore le logo, seule la trappe supplémentaire laissant apparaître une prise Type 2 sur l’aile arrière gauche trahit sa nature d’hybride rechargeable. Une timidité qui semble être dorénavant dans l’air du temps quand autrefois il était de bon ton de l’afficher haut et fort. Même constat à l’intérieur où seule une présentation différente de l’instrumentation numérique, des menus supplémentaires sur l’écran central et quelques boutons en plus diffèrent des versions exclusivement thermiques.

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Outre le logo et la trappe supplémentaire pour la prise, rien ne distingue le Q5 hybride rechargeable de ses versions exclusivement thermiques.

Une trentaine de kilomètres

possibles en electrique

Trois modes sont disponibles, tous assez classiques. EV bloque l’électrique et permet d’effectuer le 0 à 60 km/h en 5,5 s et de rouler jusqu’à 135 km/h sans émission. On peut ainsi officiellement effectuer 41 à 45 km suivant la monte pneumatique mais il faudra quelques notions d’éco-conduite pour y parvenir, une trentaine de kilomètres étant possibles sans y prêter attention. Même en nous appliquant du mieux possible en conduite urbaine, nous ne sommes pas parvenus à dépasser les 54 km, ce qui n’est pas extraordinaire. Le mode Hybrid est comme toujours celui à conseiller pour des trajets plus longs en dehors des limites de la ville, en laissant l’électronique jongler entre thermique et électrique. Il est alors tout à fait possible d’obtenir une consommation moyenne entre 7 et 8 l/100 km, ce qui est un chiffre remarquable pour un SUV de 2 105 kg. Et c’est encore plus appréciable quand on constate la différence une fois le troisième mode enclenché : Battery Hold. La charge de la batterie est préservée et vous fonctionnez essentiellement sur la partie thermique, la consommation s’envolant alors au-delà des 10 l/100 km.

Pas de fonction B comme c’est souvent l’usage sur la boîte de vitesses augmentant la récupération d’énergie à la décélération, c’est le choix par défaut en D. Cependant, si vous optez pour le mode de conduite Efficient, vous obtenez alors une roue libre extrêmement efficace et confortable quand vous relevez le pied de l’accélérateur.

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La planche de bord n’est pas un modèle de fantaisie mais est remarquable par la qualité de sa finition.

Des accélérations très vigoureuses

Avec 367 ch à disposition, il est bien sûr extrêmement tentant de voir ce qui se cache dans les derniers centimètres de la course de la pédale de droite. Eh bien on a tout simplement l’impression d’être aux commandes d’un vaisseau spatial passant en hyperespace. La partie électrique se charge en effet de la réactivité immédiate qui vous colle le crâne à l’appuie-tête avant de recevoir le soutien de son homologue thermique. Toutefois, hors accélération et reprises musclées, le Q5 55 TFSI e quattro est avant tout une machine à dévorer les kilomètres en silence et sans fatigue. En effet, il n’a rien de sportif dans son comportement, avec une direction sans vie, un châssis misant avant tout sur le confort, l’amortissement affermi S lui étant interdit, et surtout un embonpoint supplémentaire de 280 kg par rapport au 45 TFSI se sentant dans les courbes.

 Habitabilité préservée

mais

volume de coffre entamé

La batterie de 14,1 kWh, garantie 8 ans ou 160 000 km, se recharge en moins de quatre heures sur une prise domestique 2,3 kW et peut encaisser jusqu’à 7,4 kW avec un temps passant alors sous la barre des 1 h 30, ce qui est dans la bonne moyenne de la catégorie ; seul le tout nouveau Land Rover Discovery Sport P300e se distingue dans ce domaine en proposant aussi la charge rapide jusqu’à 32 kW. Malheureusement, la plateforme de cette génération de Q5 n’ayant visiblement pas été développée dès le début pour absorber un système hybride rechargeable, l’implantation de la batterie s’est faite aux dépens du volume du coffre, qui passe de 550 à 455 litres, du réservoir de 54 litres contre 65 pour les autres versions et de la roue de secours indisponible. Pire encore : il n’y a pas de logement prévu pour les câbles de recharge et ils sont donc rangés dans une valise qui grignote un peu plus de place encore. Un bon côté cependant : l’habitabilité et la modularité sont préservées, avec une banquette arrière 40/20/40 aux dossiers inclinables et toujours coulissante de série.

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L’habitabilité arrière est préservée mais le coffre voit son volume de chargement fortement entamé par l’implantation des batteries.

Un second hybride dans la gamme

 Hybride rechargeable

de 299 ch

ou

diesel de 163 ch ?

Terminons enfin par l’autre Q5 hybride rechargeable, le 50 TFSI e quattro, qui reprend exactement la même combinaison de moteurs thermique et électrique, ainsi qu’une batterie identique, mais dont l’électronique limite puissance et couple totaux à 299 ch et 450 Nm. Autonomie et consommation sont quasiment identiques et il faut juste concéder le fait d’effectuer le 0 à 100 km/h en huit dixièmes de plus, en 6,1 s. Le plus gros avantage de cette « petite » version est le fait d’être proposée dans tous les niveaux de finition, contrairement au 55 qui n’est disponible qu’en S Line, ce qui fait que les tarifs démarrent à 55 800 €, à comparer aux 55 244 € malus compris d’un 35 TDI Quattro de seulement 163 ch…

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