La mode est aux SUV. Et alors ?

Chaque année, la saison du baccalauréat revenue, une anecdote refait surface. Celle du sujet “Qu’est-ce que le culot ?” avec sa copie blanche en guise de réponse géniale (une histoire détournée en réalité d’un film). J’aurai pu faire de même avec ce sujet. Les SUV sont à la mode. “Oui, et alors ?” et rendre ensuite copie quasi vierge.

Une façon de souligner la lassitude sur le débat pour ou contre les baroudeurs dans un pays où l’on est encore libre d’acheter ce que bon nous souhaite, dans la limite de la légalité bien sûr. Et les SUV ne sont pas interdits il me semble.

Il est vrai que le succès des baroudeurs peut susciter des questions. Ces modèles représentent maintenant quatre ventes sur dix en France, ce qui semble fou, d’autant que la part de marché s’est envolée en un temps record. Pour répondre à la forte demande, les constructeurs ont multiplié l’offre. Celle-ci a explosé au point qu’une segmentation parallèle s’est formée. En clair, pour chaque segment que l’on connaît, de la citadine au grand véhicule familial 7 places, il s’est créé un équivalent SUV, même pour les cabriolets !

Depuis quelques années, LA grande interrogation est : “mais à quoi servent ces faux 4×4 ?”. ALiExpress Maroc s’est encore récemment posé la question, avec à la clé, un gros dossier, qui a été très commenté. Sans surprise pour certains, le couperet tombe vite, la réponse tient en deux mots « à rien », se satisfaisant d’une partie des conclusions du dossier, notamment l’aspect plus polluant et moins performant, les relayant en mode “je vous l’avais bien dit”.

Évidemment, les plus extrêmes oublient les points positifs du dossier, notamment l’habitabilité meilleure et le volume de coffre supérieur. J’ajouterai que les SUV sont aussi très appréciés pour leur position de conduite surélevée et ont permis de remettre à la mode les protections sur des carrosseries qui avaient tendance à ne plus en avoir. Au moment d’un achat, c’est quand même plusieurs arguments parfaitement rationnels, mais qui sont visiblement irrecevables pour certains, qui jugent donc l’engin inutile.

Bon là, on peut ouvrir un débat sans fin sur l’utilité des objets ! Faisons simple ici : regardez un peu autour de vous pour voir tout ce que vous auriez pu remplacer par quelque chose de plus simple, qui se contente de la dimension utile dans la fonction qu’il assure… Côté voiture, il faudrait réduire les gammes à quatre silhouettes essentielles, citadine, compacte, berline et break, en jugeant que cela couvre les besoins utiles de déplacements, et ainsi discuter de la pertinence de l’existence de catégories en plus ?

Ce qui semble déplaire, c’est l’aspect mode, avec une demande déraisonnée. On vilipende ainsi la force du marketing des constructeurs, qui arrivent à faire acheter des modèles dont on pourrait se passer. Ce n’est quand même pas le SUV qui a créé la publicité de l’inutile ! Il suffit d’ouvrir un bouquin qui explique le B.a.-Ba de la pub pour voir comment le consommateur peut être manipulé pour acheter plus qu’il n’en faudrait.

Certains voient donc un engouement un peu irréfléchi pour le SUV, avec notamment ce besoin de faire comme les autres. La vente des SUV est donc portée par un marketing agressif et un effet de reproduction en fonction de ce que l’on a vu dans la rue ou son entourage. Il en va de la même pour la folie mojito et spritz, la déferlante no gluten, la toquade pantalon à bandes sur le côté… Le comportement moutonnier est très humain.

Mais dans les concessions françaises, l’humain reste libre de son choix. On rappelle d’ailleurs qu’à ce jour, même s’il est vrai que les projets de SUV commencent à mettre à mal la diversité des gammes, le client a encore beaucoup de choix. Chez Volkswagen, on trouve par exemple en taille compacte une Golf, une Golf break, un Tiguan, un Touran et un Caddy.

Le client n’est donc pas forcé à prendre un SUV. Pour certains, il le ferait surtout par envie de frimer, de montrer sa réussite. Et là, on peut ouvrir un débat sans fin sur la sociologie des achats, de ce qu’ils renvoient, avec l’exemple éculé d’Apple et ses iPhone. À lire vos commentaires sur notre dossier, l’aspect complexe d’infériorité à combler serait même la seule raison d’être des SUV. Au grand dam des écologistes. Car s’il ne faillait qu’un argument pour condamner le SUV, c’est l’aspect environnemental.

Une expression est revenue plusieurs fois dans les réactions à notre sujet, mais plutôt du côté des “anti” qui l’ont relayé sur leurs réseaux sociaux, c’est “le non-sens écologique”. C’est incontestable, le SUV est plus gourmand que son équivalent berline et sera donc plus polluant. Plus que son interdiction, impensable, certains réclament alors une taxation plus lourde. On peut quand même souligner que le SUV rapporte déjà davantage à l’Etat : plus cher, il est déjà à l’origine de plus de TVA, et surtout le malus existe. Avec la norme WLTP bien plus sévère, avec laquelle les marques ne peuvent plus s’arranger, difficile pour les engins imposants d’y échapper, d’autant que le malus se base maintenant sur la configuration précise de l’équipement.

On rêve alors d’une taxe au poids. Mais que ferait-on alors avec une berline familiale ou un break qui ne suscite pourtant pas l’ire des écolos ? Ou alors un monospace ? Tiens d’ailleurs, avant la mode du SUV, il y a eu celle des monospaces, notamment compacts. Ceux-ci étaient déjà plus hauts, plus lourds et donc plus polluants que les berlines dont ils dérivaient. Ils étaient parfois achetés par des personnes qui pouvaient se contenter de la berline de départ et cohabitaient déjà avec des breaks qui pouvaient bien suffire en matière de volume intérieur. Ils n’ont pas déclenché les foudres des écologistes il me semble, ou du moins dans une bien moindre mesure.

Enfin bref. Tout ca pour dire que les SUV sont à la mode, qu’il n’est pas question de les défendre outre mesure mais de rappeler que les automobilistes achètent bien ce qu’ils veulent avec leur argent, les anti baroudeurs ont bien leurs achats que d’autres jugeront inutiles ou pas si écolos (la tartine d’avocat est ainsi un désastre environnemental) et qu’une taxe vise déjà leurs rejets polluants supérieurs à ceux d’une berline. Je ne pouvais me contenter de “Oui et alors”, mais presque.

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