Plan de soutien à l’automobile : quel impact pour les flottes ?

Renouveler le parc automobile français en encourageant les ménages mais aussi les flottes d’entreprises à investir plus systématiquement dans des véhicules propres, pas ou peu polluants, telle est, d’après le Ministère de l’Économie et des Finances, la première des ambitions portées par le plan de soutien à l’automobile.

Bonus de 5 000 euros pour un véhicule 100 % électrique

La première annonce concerne le renfort du bonus écologique pour l’achat ou la location d’un véhicule neuf 100 % électrique. Après avoir été plafonné à 3 000 euros au cours des six derniers mois, ce bonus repart à la hausse. Il est porté à 5 000 euros jusqu’à la fin 2020, pour l’acquisition d’un modèle facturé sous la barre des 45 000 euros.

Une somme qui, bien qu’encore inférieure de 1 000 euros par rapport à l’année passée, devrait sonner comme un soulagement relatif pour les gestionnaires de flottes privées. Ceux-ci avaient en effet milité depuis des mois, aux côtés des organisations des professionnels de l’automobile, pour le maintien d’un bonus satisfaisant.

Ils pourraient dès lors voir dans ce bonus de 5 000 euros l’opportunité d’amorcer ou de poursuivre plus rapidement que prévu leur équipement en véhicules électriques neufs. D’autant que l’offre des constructeurs s’est étoffée depuis 2018. L’autonomie kilométrique, en outre, qui a longtemps été un frein à l’achat, dépasse aujourd’hui les 300 km en moyenne. Enfin, les bornes de recharge* en entreprises sont plus nombreuses qu’auparavant.

Il convient néanmoins à chaque gestionnaire de flotte de déterminer, au-delà du fait de se plier aux contraintes environnementales, de bénéficier d’incitations financières et fiscales (absence de TVS, taxe sur les véhicules de société, entre autres) et d’économiser plusieurs centaines d’euros de carburant par an, si l’investissement dans des véhicules 100 % électriques est totalement, partiellement ou nullement en phase avec le roulage réel de son parc.

2 000 euros d’aide pour un modèle hybride rechargeable

L’autre annonce contenue dans le plan de soutien à l’automobile, plus inattendue celle-ci, concerne le retour du bonus pour l’acquisition d’un véhicule hybride rechargeable. Les entreprises désirant acquérir en fonds propres ou louer de tels modèles vont pouvoir de nouveau profiter d’une aide, soit 2 000 euros (valable également jusqu’à la fin 2020) lorsqu’elles investiront dans des véhicules hybrides rechargeables facturés sous la barre des 50 000 euros et dotés d’une autonomie électrique supérieure à 50 km.

L’État voit dans cette allocation à court terme un moyen de dynamiser un segment encore confidentiel. Les véhicules hybrides rechargeables sont souvent encore chers et haut de gamme, et difficile de dire si les acheteurs verront dans ce mini coup de pouce gouvernemental la possibilité d’en acquérir davantage. Une chose est sûre, l’offre de véhicules est désormais variée. Les modèles du genre (combinant généralement l’essence et l’électrique) surfent sur leur succès inédit auprès de la clientèle entreprise : environ 7 000 exemplaires immatriculés en 2019 et 19,95 % de croissance selon l’Arval Mobility Observatory.

Les véhicules hybrides légers, réputés moins coûteux à l’achat, ne bénéficient quant à eux d’aucun coup de pouce dans le cadre du plan d’accompagnement. Un regret sans doute pour les responsables de flottes dans la mesure où l’intérêt pour ce type de motorisation ne se dément pas. Ils représentent à ce jour les 2/3 des variantes hybrides immatriculées sur le marché B2B.

Utilitaires : prime à la conversion doublée, mais en série limitée…

La prime à la conversion passe provisoirement à 5 000 euros pour le remplacement d'un utilitaire léger thermique par un exemplaire électrique ou hybride rechargeable.
La prime à la conversion passe provisoirement à 5 000 euros pour le remplacement d’un utilitaire léger thermique par un exemplaire électrique ou hybride rechargeable.


L’incitation de l’État à investir dans des véhicules propres prévoit également un doublement de la prime à la conversion (5 000 euros) pour le professionnel qui décide de remplacer son vieil utilitaire thermique par un VUL électrique ou hybride rechargeable neuf. Cette prime est cumulable avec le bonus dédié à l’achat d’un modèle plus vertueux, ce qui peut représenter au final 10 000 euros de subvention.

La combinaison de ces deux dispositifs pourrait convaincre davantage de flottes de s’équiper en utilitaires zéro ou à faibles émissions. Encore faudra-t-il commander très rapidement… L’État indique en effet d’emblée que le nombre de primes à la conversion à 5 000 euros (par ailleurs accessibles aux particuliers optant pour un véhicule propre) sera limité aux 200 000 premières demandes, ménages et entreprises confondus. Bercy indique qu’une fois ce plafond global atteint, la prime repassera à 2 500 euros.

Reste à savoir si les sociétés verront dans cette bouffée d’air momentanée et pas franchement exclusive une raison d’amplifier le verdissement de leur parc.

La loi LOM en toile de fond, les flottes publiques en première ligne

Au-delà du renfort provisoire des bonus à l’achat et de la prime à la conversion, destinés en partie à écouler les stocks de VP et de VUL invendus durant le confinement, ce plan de soutien à l’automobile est surtout l’opportunité pour l’État de faire une piqûre de rappel du cadre fixé par la loi LOM (loi orientation des mobilités) en décembre dernier.

Ce texte, rappelons-le, instaure des quotas de véhicules à faibles émissions au sein des flottes privées, à des échéances précises : 10 % de motorisations alternatives dès 2022, 35 % en 2027 et jusqu’à 50 % en 2030 lors du renouvellement de parc pour les entreprises et loueurs disposant de plus de 100 véhicules.

Le président Macron voit dans la période de crise sanitaire et économique des dernières semaines l’occasion de contraindre les flottes publiques à montrer encore plus l’exemple. Il demande ainsi aux parcs automobiles de l’État et des établissements affiliés d’accélérer leur mue vers l’électrique, l’hybride ou l’hydrogène. À hauteur de 50 %, à une date qui reste encore à affiner, mais que l’on imagine fatalement plus rapprochée qu’initialement.

Jusqu’alors, selon la loi LOM, les flottes publiques avaient jusqu’à 2026 pour satisfaire à ce quota. Illustration de ce calendrier bousculé à travers cette dernière annonce symbolique : toutes les citadines commandées dès les prochains mois par les services publics devront obligatoirement fonctionner à l’électrique.

* Le plan de soutien à l’automobile se fixe entre autres pour objectif d’atteindre 100 000 bornes publiques accessibles sur le territoire dès 2021, avec un an d’avance sur le calendrier initial.

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