Si l’usine de Dieppe ferme, Alpine est-il condamné ?

Le Canard Enchaîné a été le premier à révéler que Renault envisage la fermeture de son usine de Dieppe. Une information qui a suscité la surprise au bord de la Manche. Représentants syndicaux et élus locaux n’étaient pas au courant et ne s’attendaient pas à cela.

Certes, Renault s’apprête à présenter un important plan d’économie et il ne faisait aucun doute que des usines étaient sur la sellette, y compris en France. On avait ainsi en tête celle de Flins, qui avait déjà été menacée de fermeture il y a quelques années. Mais pas vraiment Dieppe, le berceau d’Alpine.

Le site a été ouvert en 1969 et a récemment pris un nouveau départ avec la renaissance de la firme de Jean Rédélé. Une nouvelle ligne d’assemblage a été inaugurée fin 2017 pour produire la seconde génération de l’A110. Elle a demandé deux ans de travaux et un investissement de 35 millions d’euros. Ce qui explique l’incompréhension à Dieppe, où l’on s’étonne du projet de fermeture d’une usine qui vient d’être remise à neuf !

Il est vrai que c’est un petit site pour le groupe, avec moins de 400 personnes. Surtout, avec l’arrêt de la Clio RS, l’usine se contente de produire l’A110, plus quelques modèles de compétition du Losange. La Berlinette a connu un départ fulgurant, atteignant facilement les objectifs de 5 000 exemplaires produits par an en 2018 et 2019.

Mais après l’euphorie des débuts, l’A110 est entrée dans le dur avec une chute des commandes qui a déjà entraîné une forte réduction des cadences de production à Dieppe début 2020. Renault se voulait toutefois confiant, jugeant normal ce ralentissement et misant sur l’arrivée de la version S pour conquérir d’autres clients, notamment en dehors de la France. Insuffisant toutefois pour assurer maintenant un niveau d’activité convenable…

Avec cette baisse de la production, certains imaginaient déjà la fin de la seconde vie d’Alpine. Et forcément, la menace de la fermeture de l’usine ne va pas arranger les choses ! À peine trois ans après la présentation de la nouvelle A110, l’avenir de la marque suscite déjà des inquiétudes. Il faut dire qu’il reste très flou.

Bien sûr, la logique a été de se consacrer pleinement au lancement de l’A110 et de ne pas se disperser. Renault savait qu’il n’avait pas le droit à l’erreur, et il a relevé haut la main le défi, l’auto ayant été un succès critique. Mais depuis, plus rien, à part donc une S un peu plus puissante mais pas vraiment préparée différemment et des séries spéciales. Au bout de trois ans, on s’attendait à mieux. On espérait notamment un découvrable.

On finit par se demander si Renault sait lui-même quoi faire d’Alpine. Il est vrai que le contexte n’est pas facile. Sans prendre encore en compte le coronavirus, le Losange n’a pas eu de bons résultats financiers ces derniers temps. La recherche d’économies passe donc par l’arrêt de projets peu rentables. Renault va notamment mettre fin aux Scénic et Espace. Mais il n’est pas encore question de mettre fin à l’A110 pour ces raisons.

Par ailleurs, il peut sembler difficile de développer un label sportif à l’heure où l’Europe s’apprête à sanctionner les marques qui vendent des véhicules trop polluants. Le calcul du taux de CO2 moyen se fait toutefois par groupe et en excluant dans un premier temps un petit pourcentage des modèles les plus polluants. Pas de quoi condamner Alpine pour l’instant.

L’heure n’est donc pas aux préparatifs d’un enterrement. On a plutôt été rassuré par l’arrivée d’un nouveau directeur pour la firme en septembre 2019, Patrick Marinoff, qui n’est pas venu de n’importe où : de Mercedes-AMG. Il a donc une très bonne connaissance des autos qui jonglent entre sport et luxe. Reste que depuis son arrivée, Patrick Marinoff n’a pas été très bavard sur le futur de sa marque, évoquant juste du bout des lèvres d’autres modèles à venir.

Il avait renvoyé à la présentation d’un plan stratégique. On espère que celui-ci sera détaillé le 29 mai, en même temps que celui de Renault. Si la marque au Losange officialise la fin de Dieppe, elle devra forcément évoquer l’avenir de l’A110. On peut imaginer que cette génération termine sa carrière à Dieppe, donc encore quatre ans de vie environ, avant de rejoindre un autre site pour une nouvelle version.

Pour le développement de la gamme, ce serait plus simple. À la manière de Porsche, Alpine pense à un modèle plus familial. Le SUV semble incontournable. Et il pourrait être électrique, avec logiquement la nouvelle base CMF-EV. Ce SUV Alpine sortirait ainsi des chaînes de Douai, cette usine allant se spécialiser dans la production des voitures électriques de Renault sur CMF-EV. Côté moteurs, on imagine une fiche technique proche de celle du Nissan Ariya, un modèle qui sera lancé fin 2020 avec deux moteurs, un sur chaque essieu, pour une puissance de 300 ch environ.

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